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5 Plays

Présentation de Donoma par Jacky Goldberg, critique aux Inrocks, Djinn Carrénard réalisateur du film et Emilia Dérou-Bernal, actrice.

Gallia Cinéma, samedi 14 janvier 2012 vers 20h30


SAMEDI 14 JANVIER 2012 à 20h30

Séance exceptionnelle de DONOMA (Prix Louis Delluc 2011 du 1er film) en présence de Djinn Carrénard, son réalisateur et de Salomé Blechmans, actrice.

 

Le soirée sera animée par Jacky Goldberg, critique cinéma aux Inrockuptibles (Lisez son beau texte sur Donoma : ici)

 

Synopsis officiel du film (via site du film : www.donoma.fr)

DONOMA est un film choral accompagnant le destin de trois femmes.

Il y a tout d’abord Analia, enseignante dans une classe de lycée professionnelle ; elle est harcelée par Dacio, le cancre de sa classe qui ne lui laisse pas une minute de répit. La tension entre la prof et l’élève se transforme soudainement en une attirance physique passionnelle…
La seconde histoire parle de Chris, une jeune photographe n’ayant jamais eu de relation amoureuse et qui va décider de faire une expérience : se mettre en couple et vivre chez elle avec le premier inconnu qu’elle croisera dans le métro. C’est Dama qu’elle choisira. Une seule règle de vie commune : interdiction de parler !

La dernière histoire parle de Salma, une adolescente atypique ballottée entre sa soeur malade, Soraya, et ses problématiques adolescentes, et qui se réveille un jour avec des stigmates christiques aux poignets… Mais Salma ne croit pas en Dieu, a un profond rejet pour la religion, alors pourquoi ces signes ? Sur son trajet elle croise Rainé, jeune homme profondément croyant et pratiquant. Saura-t -il lui expliquer ce que le surnaturel tente de lui dire ? “

 

 

Casting :

Emilia Dérou-Bernal : Analia ; Laura Kpegli : Chris ; Salomé Bechmans : Salma ; Vincente Perez : Dacio ; Sékouba Doucouré : Dama ; Matthieu Longuatte : Rainé ; Marine Judeaux : Soraya.

Vendredi 6 janvier à 20h30 au Gallia Cinéma

Rencontre avec le réalisateur Christian Rouaud

autour de son dernier film TOUS AU LARZAC

Visitez le Blog partenaire du film : ici

Critique et entretien avec le réalisateur ici

 

Samedi 3 décembre à 21h au Gallia Théâtre

 Avant-première de SHAME

le dernier film de Steve McQueen (Hunger) avec Michael Fassbender (Coupe Volpi du meilleur interprète masculin au dernier Festival de Venise) et Carey Mulligan (Une Education).

L’artiste contemporain et cinéaste Steve McQueen a récemment donné une passionnante interview à Laure Adler revenant sur l’ensemble de son oeuvre et expliquant son approche particulière du cinéma. Pour écouter cet entretien, cliquez ici

Cette avant-première prend place au Gallia dans le cadre de la septième édition de GOD SAVE THE SCREEN, la semaine du cinéma britannique à Saintes. Plus d’infos sur la programmation ici 

RIVES : RENCONTRE AVEC LE REALISATEUR ARMEL HOSTIOU

Le jeudi 29 septembre à 20h30

Le Gallia Cinéma accueille le réalisateur Armel Hostiou qui présentera en avant-première son dernier film RIVES.

La projection sera précédée d’un concert de Mohamed Lamouri, musicien du film.


Synopsis : Trois personnages, à Paris, le temps d’une journée. Ils ne se connaissent pas, ils ne se croiseront pas. Ils partagent pourtant, insidieusement, un sentiment d’enfermement.
Chacun d’entre eux, à cause d’un événement extérieur, va sortir de son cadre habituel et vivre une expérience singulière dans les failles de son espace urbain - y découvrir, par la dérive, une dimension de lui-même qu’il ignorait.
Chacun devra affronter en retour une forme d’arbitraire, qui n’est ni juste ni injuste et qui s’appelle la réalité.

 

Vous trouverez une belle critique de RIVES signée Sarah Elkaïm & Clément Graminiès sur le site Critikat.com : ici


Rives a été sélectionné dans la programmation ACID-Cannes 2011. Site de l’Acidhttp://www.lacid.fr/

C’est dans le cadre de la reprise de cette programmation dans 6 salles du réseau CLAP POITOU-CHARENTES que la Gallia Cinéma propose cette rencontre. Site de Clap Poitou-Charentes : http://www.clappoitoucharentes.fr/

LES BIEN-AIMES un film de Christophe Honoré avec Catherine Deneuve, Chiara Mastroianni, Ludivine Sagnier, Milos Forman, Louis Garrel…Chansons d’Alex Beaupain.

A l’affiche du Gallia Cinéma à partir du 24 août 2011 en sortie nationale

 

THESE PUMPS ARE MADE FOR WALKING

-Quelques vertus cardinales du cinéma d’Honoré-


Métier à tisser des émotions

A quoi pourrait-on comparer un film d’Honoré et plus particulièrement ses Bien-Aimés ? A un gigantesque réseau de fils disparates qui se mêlent, s’entremêlent, s’emmêlent, se tissent sur l’écran pour y former l’évidente simplicité d’une image vivante. C’est un tissu particulier où, dans un fin maillage, se juxtaposent des motifs, des situations, des univers, des émotions, des voix, des corps, des gestes et qui sous nos yeux en font une tapisserie vivante, un film.  Chaque acteur, par exemple, est un fil fait d’autres fils qui peuvent être les rôles qu’il a précédemment incarnés et que Christophe Honoré retissera à sa manière.  Ainsi, le fil Catherine Deneuve, nouvelle venue dans le monde d’Honoré, apporte avec lui des fils venus du monde en-chanté de Demy, des cinémas de Truffaut ou de Bunuel. Fils qu’Honoré reprend dans ses Bien-Aimés mais pour les adjoindre plutôt, comme un effet de miroir, à Ludivine Sagnier, l’autre visage de Madeleine. De la même façon, Chiara Mastroianni ne revient pas non plus dans l’univers d’Honoré sans Oliveira ou sans le souvenir des rôles qu’Honoré lui a déjà confiés (Les Bien-Aimés auraient aussi pu s’intituler Non ma fille, tu n’iras pas danser.) Ainsi de Louis Garrel… Chaque personnage est comme résonné par son acteur et s’inscrit dans une suite de variations qui infinitise sa ligne de fuite, comme s’il marchait dans une galerie de miroirs.

De cela, Honoré donne l’expression cinématographique la plus pure, dans cette scène, magnifique, où, à la jonction de deux époques, le duo Madeleine (mère)-Véra (fille) se croise lui-même et se met à chanter avec les autres actrices qu’elles sont en passe de devenir. Passage de relais qui prend alors la forme d’un quatuor. Ce que fait Honoré dans cette scène, si l’on veut continuer à filer la métaphore,  c’est nouer délicatement quatre fils, raccorder une actrice à une autre en les mettant le temps d’une chanson en résonnance, de manière à ce que la mère et la fille changent de physionomie et passent d’une époque à une autre tout en restant elles-mêmes. Les belles chansons d’Alex Beaupain servent d’écrins à ces moments paroxystiques, véritables charnières du récit, où tout vient vibrer à un même carrefour (l’époque, les sentiments, les corps) avant de pouvoir passer à autre chose.


La légèreté, le vertige 

Paris dans les années 60. Y vit Madeleine. Il y a là un décor, une époque, un sourire et un corps comme faits pour le bonheur. Mais du bonheur, Madeleine s’en fout un peu : «Je ne crois pas au bonheur, mais cela ne m’empêche pas d’être heureuse.» Son thème principal à elle c’est plutôt la légèreté dont le véhicule idéal (et à propulsion libidinale) est une paire d’escarpins haut de gamme dérobée dans la réserve du magasin où elle travaille. A peine les chausse-t-elle que sa vie décolle, ces bottes sont faites pour marcher, et bientôt à la légèreté s’ajoute l’imprudence. C’est qu’en prenant place sur le tapis volant de son existence Madeleine s’expose au vertige. Vertiges de l’amour et de l’Histoire incarnés par le beau Jaromil , avec lequel elle aura Véra et qu’elle suivra jusqu’à Prague. A peine chante-t-elle cet amour que le camion de l’Histoire vient la presser préfigurant les pesants chars russes qui laboureront et Prague et son mariage. Etre légère c’est aussi expérimenter une certaine fragilité ; la sienne comme celle du monde. « La planète avance dans le vide sans aucun maître. La voilà, l’insoutenable légèreté de l’être. » 


Les fidélités

Autre vertu cardinale du cinéma d’Honoré : la fidélité. Fidélité à ses influences, à ses acteurs mais fidélité aussi de ses figures d’amoureux qui, malgré leurs écarts sont incapables de ne plus aimer ceux qu’ils ont une fois aimés. « Ce qui me tue mon amour c’est /Que je ne peux vivre sans t’aimer.» D’où certaines tensions. Surtout lorsque les fidélités s’accumulent. Toujours situés au centre de plusieurs fidélités qui les interpellent en même temps, les héros d’Honoré doivent composer. A cette lumière, le choix d’adapter La Princesse de Clèves relève quasiment de l’évidence. Geneviève Brisac, à propos de Non ma fille,…, parle mieux que personne de cette « permanence d’un choix inéluctable, la maman ou la putain, la mère ou l’amante, la fille ou la mère, la sœur ou la fille… Mais en fait, il n’y a pas de « ou », il y a cette superposition des rôles qui est si difficile, sinon impossible à assumer, et cette question qui revient sans cesse, comment peux-tu être ceci si tu es cela, il faut choisir. » 


Danses nuptiales, danses macabres

Dans Les Bien-Aimés, ce point de convergence tragique s’appelle Véra. Elle est l’aimant noir vers lequel se polarisent les fidélités de chacun, parmi lesquelles il en est une particulièrement pesante : sa famille et la part de transmission impossible qu’elle implique. Véra se vit littéralement comme la «relation sexuelle de ses parents», quelque chose qui n’en finit pas donc, puisque c’est jusque dans son lit d’adulte qu’elle vient à les découvrir tous les deux, venus là remettre le couvert. Haute Fidélité Familiale en mode stéréo dont elle n’accouche jamais. Comment sortir de l’histoire de Madeleine ? Question minnellienne. Comment « laver du sperme » et commencer une autre histoire ? Par le courage certainement. Par la danse aussi : dernière chance et dernier refuge des âmes perdues, ultime tentative de mobiliser sa légèreté en vue d’une noce qui viendrait nous sauver. Ainsi fit Katell. Ainsi Véra qui dans Les Bien-Aimés danse deux fois, dans un bar londonien et dans un hôtel à Montréal. De ces scènes nous pouvons dire sans nous tromper qu’elles sont parmi les plus belles de tout le cinéma d’Honoré. Ce qu’elles nous montrent, c’est le défi qu’une jeune femme lance à la pesanteur de son existence en même temps qu’à celle de l’Histoire. Mais dans les talons aiguilles du monde occidental deux Boeings se crashent en boucle. « Septembre hélas est arrivé. » Comment rester fidèle à ce monde piégé qui nous trahit et perd la légèreté qu’il nous a inculquée ? Déjà nous regardons ailleurs. La mort est invisible.

                                                                  Luc Lavacherie 

 

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Rétrospective Kubrick : 3 de ses films seront présentés en juillet au Gallia (copies neuves- version originale sous-titrée).

2001, l’Odyssée de l’Espace - horaires ici

Orange Mécanique - horaires ici

Barry Lyndon - horaires ici

Samedi 25 juin 2011, le réalisateur Pascal Rabaté était l&#8217;invité de &#8220;Projection Privée&#8221; l&#8217;émission hebdomadaire de Michel Ciment sur France Culture. Il y venait parler de son dernier film NI A VENDRE, NI A LOUER qui sera à l&#8217;affiche du Gallia Cinéma à partir du 13 juillet.
Pour écouter l&#8217;émission, cliquez sur la photo.
Les horaires détaillés des séances du film au Gallia&#160;: ici

Samedi 25 juin 2011, le réalisateur Pascal Rabaté était l’invité de “Projection Privée” l’émission hebdomadaire de Michel Ciment sur France Culture. Il y venait parler de son dernier film NI A VENDRE, NI A LOUER qui sera à l’affiche du Gallia Cinéma à partir du 13 juillet.

Pour écouter l’émission, cliquez sur la photo.

Les horaires détaillés des séances du film au Gallia : ici

UN AMOUR DE JEUNESSE de Mia Hansen-Løve

avec Lola Creton, Stephan Urzendowsky, Magne Havard Brekke, Valérie Bonneton et Sege Renko.

 

 

Ceux qui ont vu les deux premiers longs-métrages de Mia Hansen-Løve (Tout est pardonné et Le père de mes enfants) savent l’indéniable talent de cette jeune réalisatrice sur laquelle beaucoup fondent de grands et légitimes espoirs.  Un amour de jeunesse, actuellement en compétition au Festival de Locarno,  vient renforcer cette conviction et nous offre l’occasion de voir avec quelle maîtrise et obstination Hansen-Løve se forge une poétique bien à elle. Poétique qui sait subtilement conjuguer les passions les plus tristes auxquelles sont soumis ses personnages principaux à un épanouissement solaire parallèle, comme si alors que la grisaille envahissait leur existence, mûrissait en sous-main l’évidence des éclaircies à venir. Dans Le père de mes enfants, cette dialectique opérait déjà mais en sens inverse : c’est l’aveuglante aisance, la brillance du personnage principal, Grégoire Canvel, qui occultait les nuages noirs s’amoncelant peu à peu sur sa vie. Cet art du contrepoint météorologique, on le retrouve dans le portrait de la belle Camille dans Un Amour de Jeunesse. Son passage de l’adolescence à l’âge adulte nous est montré comme une saison intermédiaire de l’existence propice aux changements climatiques et amoureux les plus radicaux. Entre le triste hiver parisien et le rayonnement ardéchois de la maison de vacances, entre les joies d’un premier amour qui la dépasse, la fait sortir d’elle-même, l’initie à la jouissance de son corps et du monde et la dureté de l’absence, l’incertitude du désir de l’autre, l’indicible souffrance d’un amour perdu, il y a cet abîme qu’il s’agit pour Camille de franchir. Ce sont là  peut-être des détails mais la brève apparition d’Anaïs Demoustier au détour d’un plan parisien ne manque pas de nous évoquer le personnage solaire  qu’elle interprétait dans D’Amour et d’eau fraîche d’Isabelle Czajka, tandis que la cour du lycée de Camille nous ramène à la froideur hivernale de La Belle Personne d’Honoré. Ce qu’Un Amour de Jeunesse propose à travers le  personnage de Camille est un peu la combinaison de ces deux figures féminines, la délicate coexistence dans une même personne du très chaud et du très froid.

 A partir de là, on comprend pourquoi la réussite d’ Un Amour de Jeunesse repose, comme Le père de mes enfants reposait sur l’impeccable interprétation de Louis-Do de Lencquesaing, sur la performance de son actrice principale, Lola Creton, sublime en lolita sur le point d’éclore, et plus que crédible dans sa lente métamorphose d’adolescente passionnée en femme de caractère. Car le pari de Mia Hansen-Løve ne consiste pas seulement à plonger son héroïne dans le chaud et froid d’une passion amoureuse mais à nous montrer aussi comment Camille survit à cette hydrocution sentimentale. Les spectres de  Truffaut et de Jules et Jim font certes ici leur apparition (des bustes sculptés représentant  l’amour idéal siègent dans le jardin broussailleux de la maison des rêves de Camille) comme pour rappeler combien l’amour est toujours vécu au risque d’une possible destruction, mais très vite Hansen-Løve oriente Camille vers un autre avenir ; celui d’une reconstruction. A cet égard, il est significatif que la vocation dans laquelle s’épanouira Camille  soit l’architecture. Art qu’elle exercera notamment dans la réhabilitation d’un bâtiment en friche comme elle l’est elle-même à ce moment de sa vie. Et ce, par l’intermédiaire de Lorenz, son nouvel amour, architecte reconnu qui sait, lui, comment canaliser l’eau vive de la jeunesse sans l’étouffer.   La grande intelligence du film enfin, c’est de nous montrer comment Camille surmonte sa passion triste non pas en oubliant son amour de jeunesse mais en acceptant au contraire sa part d’inguérissable (« Je t’aimerai toujours même si je ne comprendrai jamais pourquoi » confie-t-elle à Sullivan revenu vers elle.) Ce dont guérit Camille devant nos yeux, c’est surtout de l’idée de guérir, de la tentation de refermer une plaie, douloureuse et incompréhensible certes, mais qui a eu l’incomparable avantage d’ouvrir son cœur au monde et à la réalité de ses désirs. Un amour de film donc.

                                                                   Luc Lavacherie
A l’affiche du Gallia Cinéma du 20 au 26 juillet. Les horaires des séances : ici

3 notes

LA DERNIER PISTE un western de Kelly Reichardt

avec Michelle Williams, Paul Dano, Bruce Greenwood, Wille Patton et Zoe Kazan

 

Après Old Joy (sorti en France en 2007) puis Wendy and Lucy (sorti en 2009), voici donc le dernier film de Kelly Reichardt, cinéaste américaine protégée de Todd Haynes avec qui elle a travaillé comme directrice artistique sur plusieurs long-métrages et qui a eu la bonne idée de lui présenter l’écrivain Jon Raymond. Rencontre cruciale pour la réalisatrice, puisque cet auteur est devenu depuis son grand inspirateur. Ses trois derniers films sont ainsi des adaptations de nouvelles par lui écrites et qu’il a d’ailleurs lui-même scénarisées. Tel est le cas de cette Dernière Piste, beau western qui nous montre trois familles de pionniers américains à la recherche d’une côte ouest, rêvée par eux, à force de lectures bibliques, comme une véritable Terre Promise. Pour atteindre ce havre au plus vite, ils ont décidé de quitter les routes traditionnelles et de suivre Meek, un trappeur hâbleur et mythomane, qui prétend connaître le pays comme sa poche et leur faire bénéficier d’un raccourci. Ce fameux raccourci qui donne son titre original au film (Meek’s cutoff, le raccourci de Meek) s’avérera bientôt être un calvaire où les familles, perdues en plein désert de l’Oregon (un désert peu vu dans les westerns qui utilisaient surtout les paysages d’Arizona ou de Californie) ne cessent de se perdre… Commence alors, ce qu’on pourrait appeler « un huis clos psychologique des grands espaces », où sans jamais s’ennuyer, le spectateur assistera aux nombreuses tensions qui traverseront le groupe au fur à mesure des espérances déçues et des contretemps. Décrivant subtilement à quoi la place des femmes était réduite à cette époque (s’occuper des corvées ménagères, enfanter et se taire), la réalisatrice fait de son film, notamment grâce au personnage très fort d’Emily, interprétée par une impeccable Michelle Williams (Brokeback Mountain, Shutter Island et personnage principale de Wendy et Lucy), un film aux accents féministes… De cette traversée du désert, qu’on ne peut s’empêcher de voir comme l’écho (ironique parfois : le trappeur Meek, barbu à souhait, figurant un Moïse un peu barré) de l’Exode hors d’Egypte du peuple Hébreu, le point fort sera la rencontre avec un représentant du peuple indigène, figure ambiguë de l’altérité que seule Emily essaiera de comprendre dans toute sa complexité… Les hommes étant dans cette affaire complètement à l’ouest.

Le film, tourné en 1.33, est dans un format carré qui renforce ce sentiment de « huis-clos » en même temps qu’il laisse place, par une belle profondeur de champ, à l’immensité des paysages.

Un film rigoureux et méditatif à la fois : précis quand il s’agit de décrire le quotidien des pionniers, il laisse cependant son récit totalement ouvert, conférant à l’ensemble une valeur de parabole universelle…  

                                                              Luc Lavacherie

A l’affiche du Gallia Cinéma à partir du 6 juillet. Horaires des séances : ici